Contrairement à la restauration qui intervient directement sur l’objet, la conservation préventive se préoccupe de son environnement. Le contrôle de la température, de l’humidité relative, des polluants atmosphériques, la protection contre le feu, les insectes et le vandalisme, les microclimats, la mise en réserve et la mise en valeur, la manipulation et le transport d’un endroit à un autre, voilà quelques-uns des enjeux majeurs de la conservation préventive.
Figure 6 : Quelques objets archéologiques sur les rayonnages du Laboratoire et Réserve d'archéologie du Québec/MCC. Photographie : André Bergeron, Centre de conservation du Québec.
Si l’intervention directe sur l’objet ne relève pas de l’archéologue, la conservation préventive est cependant un des éléments de la préservation où il peut jouer un rôle important. Que ce soit sur le terrain, en respectant les premiers soins à apporter aux artéfacts, lorsqu’il déplace des objets du site jusqu’au laboratoire ou encore lors d’un projet de mise en valeur destiné à expliquer au grand public son travail ou sa recherche, l’archéologue peut mettre en œuvre les conditions nécessaires pour optimiser la survie des objets qu’il a mis au jour.
Les collections muséologiques sont habituellement installées dans des réserves, des endroits qui possèdent un climat contrôlé en fonction du type de collections, munies d’installations spécialisées. Les collections archéologiques n’échappent pas à ce besoin, d’autant plus que les matériaux qui les constituent sont souvent fragiles et nécessitent des supports adaptés et idéalement, des environnements qui tiennent compte de besoins spécifiques.
Par exemple, une collection restaurée d’objets en fer provenant d’un site marin se préservera seulement dans un environnement sec. À l’inverse, une collection d’objets en bois ou en cuir ayant été restaurés nécessitera un environnement qui évitera les fluctuations rapides et constantes de l’humidité relative. Une solution parfois utilisée pour la préservation des collections consiste à créer des environnements adaptés et construits sur mesure, qu’on appelle des microclimats.
Figure 7 : Un boîtier à microclimat aménagé pour un objet métallique, une platine de fusil. Le boîtier est muni de gel de silice (installé sous l’objet), permettant de maintenir un environnement sec à l’intérieur. Le couvercle, qui rend le contenu étanche, a été enlevé pour la photographie. Collections du Laboratoire et Réserve d'archéologie du Québec/MCC. Photographie : André Bergeron, Centre de conservation du Québec.
Lors de leur mise en réserve, les objets archéologiques ont souvent besoin de supports conçus sur mesure, pour maintenir certaines parties fragiles et favoriser leur préservation. Grâce à ces supports adaptés, on évite de créer des stress sur les matériaux et on diminue le besoin d’une reprise de restauration, une procédure que l’on tente d’éviter en raison de ses coûts plus élevés et de son impact sur l’intégrité des matériaux. Des précautions sont également requises lors du transport des objets et de leur installation dans les vitrines d’un musée. Certains matériaux sont conseillés pour la fabrication des vitrines et des supports d’objets, ainsi que pour les boîtiers de transport. Même la façon d’assembler ces matériaux possède son importance.
Figure 8 : Une forme de mise en réserve pour deux objets en bois provenant d’un milieu marin. La pièce au premier plan, brisée en trois, n’a pas été remontée, car même après traitement, sa structure demeure trop fragile. Collections du Laboratoire et Réserve d'archéologie du Québec/MCC. Photographie : André Bergeron, Centre de conservation du Québec.
Figure 9-A : Un objet archéologique, un pot à eau, installé sur son support de mise en valeur. Vu d’un certain angle, le support est presque invisible. Collections du Laboratoire et Réserve d'archéologie du Québec/MCC. Photographie : André Bergeron, Centre de conservation du Québec. |
Figure 9-B : En enlevant le pot à eau, une structure complexe se révèle. Cette forme, fabriquée sur mesure, assure la stabilité de l’objet lors d’une exposition. Photographie : André Bergeron, Centre de conservation du Québec. |
La conservation préventive est donc constituée d’une foule de détails qu’il faut mettre en œuvre pour favoriser la transmission du patrimoine archéologique aux générations futures. Aucune restauration ne peut égaler la prévention de la détérioration!
André Bergeron, Blandine Daux, Jean Dendy, Ariane Lalande, Kateri Morin et France Rémillard, restaurateurs, atelier archéologie et ethnologie, Centre de conservation du Québec.
Pour plus d'informations sur le travail du conservateur, visionnez la vidéo suivante :
André Bergeron : Restaurateur spécialisé en archéologie www.archeoquebec.com/fr/file/798

