Le travail du restaurateur

Les restaurateurs sont habituellement désignés selon leur domaine de spécialisation, par exemple : restaurateur de tableaux, restaurateur de mobilier ou de textiles. Le restaurateur spécialiste de la conservation archéologique possède les connaissances et l’expérience requises pour travailler en collaboration avec un archéologue et son équipe. Toutes les étapes de son travail sont guidées par un code de déontologie, dont la première version remonte à 1986. Ce «Code de déontologie et Guide du praticien» a été élaboré par les restaurateurs canadiens, qui se sont dotés d’un cadre de référence pour les professionnels œuvrant dans le domaine.

Si le restaurateur est parfois appelé à se déplacer sur le terrain, l’essentiel de son travail se concentre habituellement dans un atelier muni de caractéristiques bien spéciales.  On y retrouve entre autres des équipements provenant du monde des sciences, comme des microscopes et autres appareils pour le travail de précision, des hottes et des flexibles permettant l’extraction des vapeurs de produits chimiques. L’atelier de restauration emprunte également une partie de son équipement, notamment les scalpels et autres petits outils destinés au travail fin, aux cabinets de dentisterie et aux salles de chirurgie. 

Figure 1 : Vue de l’atelier de restauration «archéologie et ethnologie», du Centre de conservation du Québec. Photographie : Guy Couture, Centre de conservation du Québec.

Avant toute intervention, la déontologie du restaurateur requiert un dialogue avec le propriétaire de l’objet ou de la collection, ce qui peut également impliquer l’archéologue responsable de la découverte.  Son  intervention sur l’objet vise avant toute chose à favoriser sa préservation, en évitant si possible l’utilisation de produits qui pourraient modifier de façon irréversible sa nature et sa structure. Le restaurateur est un professionnel hautement qualifié, dont le travail s’inscrit dans une démarche d’étude, de mise en valeur et de pérennisation du patrimoine, toutes catégories confondues. Tout comme l’archéologue, il doit constamment se tenir à jour en ce qui concerne les nouvelles découvertes scientifiques dans son domaine.

La pratique de la restauration n’est surtout pas une affaire de recettes appliquées automatiquement, sans considération pour l’étude des objets. Leur examen détaillé permet parfois d’identifier la nature des matériaux constitutifs, de suggérer une nouvelle fonction ou de découvrir des informations précieuses pour l’étude archéologique. Souvent, des mesures destinées à optimiser la préservation des collections sont mises en œuvre. C’est pourquoi la conservation préventive, qui comprend, par exemple, le respect de certains paramètres climatiques, de procédures pour le transport, la mise en réserve et la présentation des collections, est souvent associée au travail du restaurateur.

Voici quelques exemples d’interventions sur des objets archéologiques.

Figure 2-A-1 : Une poterie amérindienne, brisée en une multitude de fragments, avant restauration. Collections du Laboratoire et Réserve d'archéologie du Québec/MCC. Photographie : Michel Élie, Centre de conservation du Québec.
Figure 2-A-2 : Une vue du même objet après restauration, sur son support de mise en valeur. Photographie : Michel Élie, Centre de conservation du Québec.
Figure 2-B-1 : Une fourchette en fer (fragmentaire) du XVIème siècle, avant restauration. Cet objet, rarissime au Québec pour cette époque, a été découvert au site Cartier-Roberval, à Cap-Rouge (Québec). Photographie : Ariane Lalande, Centre de conservation du Québec.
Figure 2-B-2 : Le dégagement fin de cet objet a permis de révéler plusieurs éléments décoratifs, qui étaient cachés sous la couche de corrosion.  Photographie : Guy Couture, Centre de conservation du Québec.

 

Plusieurs disciplines comme la biologie, la géologie, la géomorphologie, la métallurgie et la science des matériaux contribuent à la recherche archéologique. L’apport de la conservation est du même ordre, que ce soit par la découverte d'informations inédites, la préservation d'informations fugaces ou le sauvetage d'éléments fragiles de la culture matérielle.

 

André Bergeron, Blandine Daux, Jean Dendy, Ariane Lalande, Kateri Morin et France Rémillard, restaurateurs, atelier archéologie et ethnologie, Centre de conservation du Québec.

 

Pour plus d’informations sur le travail du restaurateur, visionnez la vidéo suivante :

André Bergeron : Restaurateur spécialisé en archéologie www.archeoquebec.com/fr/file/798